Pour sa première année d'activité, le Fonds a sélectionné cinq thématiques représentant des domaines prioritaires de financement de projets (plusieurs projets peuvent être financés pour chacune des thématiques)
1- Une offre alimentaire * revue et améliorée dans divers milieux de vie
Les projets soumis devraient permettre de modifier l’offre alimentaire des milieux que fréquentent les jeunes et leur famille, par exemple les Centre de la petite enfance et garderies, les écoles, ainsi que les lieux de loisirs ou lors d’événements spéciaux tels que festivals, fêtes de citoyens, tournois sportifs, etc. Les résultats attendus devraient amener une amélioration de la qualité générale des aliments servis (nutritive, gustative, visuelle et aspects environnementaux) tout en assurant au concessionnaire alimentaire la rentabilité de ses opérations. Les projets devraient prendre en considération la notion d’une accessibilité facilitée aux aliments sains en utilisant par exemple une stratégie différentielle des prix (moins cher pour les aliments sains et plus cher pour les aliments moins sains). Les projets peuvent aussi proposer d’outiller les individus sur les choix à faire.
* l’offre alimentaire inclut l’offre d’aliments pré-préparés servis dans les cafétérias, casse-croûtes et distributrices automatiques, les aliments offerts via les groupes d’achats ou dans les marchés publics ou encore un environnement facilitant l’allaitement maternel.
BUT VISÉ : Les projets devraient contribuer à ce que l’offre alimentaire faite à la population, peu importe où elle mange, rende les choix plus sains, faciles, attrayants et accessibles économiquement. Les projets visent à faire en sorte que suivre les recommandations du Guide alimentaire canadien devienne la norme, soit de manger une variété d’aliments sains sur une base quotidienne et des aliments moins nutritifs de façon occasionnelle.
2- L’accroissement du transport actif * et d’un mode de vie physiquement actif
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, un mode de vie sédentaire est reconnu comme une des cinq causes probables de l’épidémie d’obésité. La diminution de la sédentarité s’obtient par un accroissement de la dépense en énergie par le transport actif, les sports et l’activité physique mais aussi par un mode de vie physiquement actif i.e. par le recours à l’énergie humaine dans des nombreuses situations de la vie courante en posant une foule de petits gestes (prendre les escaliers, faire des pauses actives, marcher après les repas, ne pas utiliser la télécommande, etc.). Les projets soumis devraient viser à augmenter la dépense en énergie dans la population et une importance particulière sera accordée au transport actif.
Plusieurs actions du Plan d’action gouvernemental visent à accroître le transport actif, par exemple par la publication d’un guide technique d’aménagement favorisant le transport actif. Les projets soumis pourraient viser, par exemple, à ce que le guide soit mieux connu et bien appliqué ou encore à modifier les normes sociales relativement à la perception de l’attrait, des bénéfices ou obstacles et des éléments liés à la sécurité du transport actif, ceci tant auprès des citoyens que des décideurs.
* le transport actif se définit par le recours à l’énergie humaine dans les moyens de déplacement utilitaire tels que la marche, le vélo, les corridors scolaires et l'accompagnement pédestre. Il peut également faire référence à des modes mixtes de déplacement, le transport en commun étant utilisé pour une portion du parcours, par exemple pour des distances plus importantes à parcourir.
BUT VISÉ : Les projets devraient contribuer à accroître la dépense en énergie par un mode de vie physiquement actif et en particulier par la réduction de la dépendance à l’automobile en faisant en sorte que les déplacements actifs constituent un choix facile, attrayant, sécuritaire et peu coûteux, voire le meilleur choix dans un maximum de circonstances.
3- La publicité destinée aux enfants et aux adolescents
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le marketing intense des aliments denses en énergie (gras et sucrés) et de la restauration rapide est reconnu comme une des causes probables de l’épidémie d’obésité. Le Québec est un des rares endroits au monde à posséder une loi qui interdit la publicité destinée aux personnes de moins de 13 ans. En revanche, les règlements qui guident son application sont généraux et semblent souvent outrepassés. Une population plus sensibilisée et critique favoriserait une application plus rigoureuse de la loi.
Les projets devraient accroître la capacité d’analyse critique des enfants et des adolescents ainsi que des parents envers la publicité relativement à l’alimentation, à un mode de vie physiquement actif et à l’image corporelle.
BUT VISÉ : Les projets devraient contribuer à faire en sorte que l’environnement socioculturel, notamment publicitaire, favorise les choix sains et les normes sociales qui y concourent et que la Loi sur la protection du consommateur du Québec puisse pleinement jouer son rôle.
PROJETS SPÉCIAUX (un seul projet pour chaque sujet sera financé)
4- Le recours au zonage pour améliorer l’environnement alimentaire
(projet pilote)
Le zonage municipal pourrait constituer un outil permettant de limiter la prolifération de la restauration rapide malsaine autour des milieux de vie des enfants. Selon les données disponibles, ceci reste toutefois à démontrer. Afin d’évaluer cette possibilité, un projet pilote comportant une dimension évaluative importante pourrait être financé à titre de recherche-action. Le projet devrait permettre de connaître la faisabilité et l’efficacité du zonage comme instrument permettant d’améliorer l’environnement alimentaire dans les municipalités.
5- La connaissance au service de l’action
(Étude de faisabilité dans le but de mettre en place le projet en 2009)
Il est difficile pour le grand-public, mais aussi pour les intervenants et les décideurs, de se retrouver dans l’abondance d’information sur l’alimentation, le poids, l’amaigrissement, l’activité physique et la mise en forme, qui est souvent contradictoire, voire controversée ou encore étant le fruit de résultats de recherche récents ne pouvant constituer la base de changements dans les populations. De plus, on y présente plus souvent une vision individuelle des problèmes de poids et d’habitudes de vie, plutôt que globale en situant le rôle des environnements et des structures sociales, ce qui tend à nuire à l’adoption de solutions sociétales. Or, pour atteindre les objectifs du Plan d’action gouvernemental et mettre en œuvre des actions convergentes et synergiques, le partage d’une vision commune de la problématique est une condition essentielle.
Il serait souhaitable que le Québec dispose d’une plate-forme commune d’information, crédible et facile d’utilisation, visant à ce que le grand-public, les intervenants et les décideurs puissent, directement ou indirectement, devenir de plus en plus habilités à faire des choix éclairés en matière d’habitudes de vie. Des acteurs de divers secteurs (agroalimentaire, environnement bâti, socioculturel) ont développé ou développent présentement des systèmes d’information distincts. Il est souhaité que plusieurs de ces acteurs se regroupent et développent une proposition de plate-forme d’information qui vise à gérer l’information (recension, traitement et diffusion) requise spécifiquement pour mener l’action sur le poids et les habitudes de vie. Les divers utilisateurs (grand-public, intervenants et décideurs) pourront alors mettre en place les meilleures actions et pratiques et pourront prendre des décisions plus judicieuses.
L’étude de faisabilité proposée permettra donc à cette alliance de partenaires de construire durant l’année 2008 un projet qui répondra adéquatement aux besoins des utilisateurs. De plus, l’étude de faisabilité devra comprendre un plan de financement réaliste et durable, issu de diverses sources. |